Dimanche 18 octobre 2026, les rues de Paris ont résonné d’un même élan : celui de la rencontre, du dialogue et de la fraternité. À l’occasion de la Grande Marche pour la Paix, plusieurs centaines de participants ont parcouru la capitale pour découvrir les traditions spirituelles de leurs voisins et construire des ponts plutôt que des frontières.
Organisée par de nombreuses associations engagées dans le dialogue interconvictionnel,cette initiative a rassemblé des femmes et des hommes de toutes convictions autour d’une conviction commune : la paix se construit d’abord dans la connaissance mutuelle.
- Esplanade des Religions et des Cultures,
- CINPA – Osons la fraternité,
- Ensemble avec Marie,
- Fraternité d’Abraham,
- Religions pour la Paix – France,
- Amitié Judéo-Musulmane de France,
- CIEUX,
- Compostelle-Cordoue,
- Conseil Shiite de France,
- Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC),
- Judaïsme en Mouvement,
- Mosquée de Saint-Ouen,
- Mouvement des Focolari,
- L’Œuvre d’Orient,
- Plateforme de Paris,
- Rassemblement des Musulmans de France,
Un parcours à travers les spiritualités de Paris
De la Grande Pagode du Bois de Vincennes à la synagogue JEM de Beaugrenelle, en passant par la Grande Mosquée de Paris, l’église Saint-Sulpice et la cathédrale ukrainienne catholique Saint-Volodymyr-le-Grand, chaque étape a offert l’occasion de découvrir un lieu, une histoire, une tradition, mais surtout des personnes.
Partout, les marcheurs ont été accueillis avec chaleur. Les témoignages, les échanges et les visites ont permis de dépasser les idées reçues pour laisser place à l’écoute et à la curiosité. Une expérience simple mais essentielle à une époque où les différences sont parfois davantage sources de méfiance que d’enrichissement.


Le Trocadéro, symbole d’un dialogue ouvert sur le monde
Moment fort de la journée, le rassemblement sur le Parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, a donné une visibilité particulière à cette démarche. Dans ce lieu emblématique, face à la Tour Eiffel et au milieu d’une foule de visiteurs venus des quatre coins du monde, les participants ont porté un message universel.
Élus de la Ville de Paris, responsables associatifs et représentants de différentes traditions religieuses ont pris la parole pour rappeler l’importance du dialogue et de la fraternité dans un monde traversé par les tensions. Discours, chants et intermèdes musicaux ont rythmé ce temps fort placé sous le signe de l’espérance.
- Agnès BERTRAND : Adjointe au Maire de Paris en charge de la laïcité, des principes républicains et du dialogue avec les cultes.
- Samia BADAT-KARAM : Première adjointe à la Mairie du XVI Ardt chargée de l’administration générale, de la vie associative, des finances et de la caisse des écoles.
- Marie-Helene DORVALD, adjointe au Maire du XVI chargée des affaires sociales , de la solidarité, des seniors, du lien intergénérationnel et des cultes
Au cœur des touristes, des familles et des promeneurs, cette assemblée multicolore incarnait concrètement ce que peut être le vivre-ensemble : des personnes différentes partageant un même espace, une même dignité et un même avenir.

Un thé partagé pour conclure la marche
La journée s’est achevée au Centre Bahá’í, dernière étape d’un parcours riche en découvertes. Autour d’un thé chaud, les discussions se sont poursuivies dans une atmosphère conviviale et fraternelle.
Car au-delà des kilomètres parcourus, l’essentiel était peut-être là : prendre le temps de se rencontrer, de s’écouter et de mieux se comprendre.
33 309 pas, ce n’est finalement qu’un chiffre. Mais derrière ce nombre se cachent des centaines de rencontres, des sourires échangés, des préjugés dépassés et une volonté commune de faire grandir la paix.
De l’Esplanade du Trocadéro à l’Esplanade des Religions et des Cultures, il n’y a qu’un pas de plus.
Celui qui transforme la coexistence en fraternité.
Et maintenant ?
La marche ne s’arrête pas là.
Les participants sont d’ores et déjà invités à poursuivre cette dynamique le 25 octobre prochain dans le cadre de la démarche inspirée par l’esprit d’Assise autour du projet :
« 40 ans, 40 idées, 40 actions »
Parce que la paix ne se décrète pas. Elle se construit, un pas après l’autre.






Déclaration fraternelle commune
A Assise, en Italie, le 27 Octobre 1986, à l’initiative du Pape Jean-Paul Il, des représentants de la quasi-totalité des religions se sont rencontrés dans la fraternité à l’occasion de l’année internationale de la paix proclamée par l’ONU.
Réunis à Paris sur le parvis des libertés et des droits de l’Homme en ce 18 octobre 2026 pour célébrer le 40ème anniversaire de cette rencontre d’Assise, nous, croyants de différentes religions et traditions spirituelles en présence de représentants de la société civile, Réunis.
Proclamons
- Que nos religions et traditions respectives nous engagent ardemment à rechercher et à construire la paix en toutes circonstances et à toutes les échelles;
- Qu’elles sont incompatibles avec toute attitude belliqueuse;
- Qu’aucune agression violente ne peut être justifiée par nos religions et traditions spirituelles;
- Que de ce fait celles-ci ont une responsabilité particulière dans la promotion et la construction de la paix; Que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais comporte la possibilité pour chacune et chacun de vivre dignement et en sécurité
- Que la marche vers la paix implique une conversion des cœurs à laquelle appellent, sous différentes formes, toutes nos traditions spirituelles;
- Que nous, ministres des différents cultes, responsables de la société civile, ou simples citoyens, croyants ou non, avons un devoir spécifique de pédagogie de la paix et d’appel à la conversion des cœurs, en commençant par les nôtres
- Qu’une coopération loyale de nos instances avec les responsables de la société civile est indispensable
Nous déplorons
- l’expansion actuelle des guerres dans de nombreux pays, avec des moyens de plus en plus puissants, et leur cortège de morts, de destruction et de souffrance ;
- la fragilité de la paix civile qui règne aujourd’hui dans certains pays;
- des interprétations erronées de certaines doctrines qui ont conduit et conduisent encore en certains lieux à des violences meurtrières.
Nous déclarons nous engager, dans le cadre de nos différentes responsabilités envers nos communautés respectives,
- à rappeler sans relâche tout ce qui, dans nos traditions, nos textes sacrés ou nos principes fondateurs, dans la vie et la parole des prophètes et des saints de nos traditions, ainsi que dans l’expression de nos valeurs républicaines nous enjoint de consacrer nos plus grands efforts à la recherche de la paix;
- à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour promouvoir la paix sous toutes ses formes : dans les relations personnelles, dans la vie communautaire et civique, dans les relations internationales;
- à nous tenir prêts à toutes médiations utiles pour mettre fin aux conflits et aux situations d’oppression ;
- à demander aux communautés qui nous accordent leur confiance de déployer tous les moyens humains et matériels, techniques et financiers pour secourir les victimes de ces violences, sur place lorsque c’est possible, ou auprès des exilés chassés de chez eux par la violence.
- à prier avec ferveur si nous sommes croyants, chacun selon sa tradition, pour que l’humanité, inspirée par plus grand qu’elle, construise la paix à laquelle elle est appelée.
- et à ne pas oublier dans nos vœux et dans nos prières tous les êtres humains, croyants ou incroyants dans un esprit de dignité humaine et de fraternité
