40 ans, 40 personnes, 40 idées, 40 actions

Dans la continuité de la marche « 33 309 pas pour la paix », qui avait permis à des femmes et des hommes de tous horizons de parcourir ensemble les rues de Paris pour mieux se découvrir, une nouvelle étape du dialogue et de la fraternité s’est écrite sur l’Esplanade des Religions et des Cultures de Bussy-Saint-Georges.

Des rencontres aux actions : 40 idées pour construire la paix

À l’occasion des 40 ans d’Assise, quarante participants issus de différentes communautés religieuses, culturelles et citoyennes se sont réunis avec une ambition commune : transformer le dialogue en actions concrètes. Répartis en 9 groupes de réflexion, ils ont partagé leurs expériences, leurs préoccupations et leurs espérances afin de faire émerger 40 idées pour 40 actions, autant de pistes destinées à renforcer le vivre-ensemble, la solidarité et la compréhension mutuelle.

– Thématique 1 : Écologie et sauvegarde de la Création
– Thématique 2 : Dialogue, Éducation et Actions interconvictionnelles
– Thématique 3 : Fraternité à l’épreuve des fractures de la société (Croyants & Non-croyants)
– Thématique 4 : Solidarité, Migrations et Justice Sociale
– Thématique 5 : Éthique numérique, Médias et Transmission de la Foi
– Thématique 6 : Engagement Citoyen, Politique et Vivre-ensemble
– Thématique 7 : Avenir et engagement : Quel avenir pour le dialogue inter-religieux ?
– Thématique 8 : Spiritualité et humanité : La place de l’Homme dans la création
– Thématique 9 : Construire ou préserver la paix ?

Cette matinée d’échanges a montré combien la diversité, lorsqu’elle est vécue dans l’écoute et le respect, devient une véritable richesse. Les propositions élaborées collectivement ont ensuite été présentées à l’assemblée à l’issue de la messe célébrée à l’église Notre-Dame du Val, permettant ainsi de partager largement le fruit de cette réflexion commune.

Le temps du partage et de la découverte

Après un repas convivial où chacun avait apporté une spécialité à partager, les participants ont poursuivi leur chemin de rencontre à travers la découverte des différents lieux de culte qui font la singularité de Bussy-Saint-Georges.

Le parcours a conduit les visiteurs de l’église catholique au temple bouddhiste chinois, puis vers le le temple bouddhiste lao, la mosquée et le mandir hindou. À chaque étape, les communautés hôtes ont présenté leur histoire, leurs traditions et leur manière de vivre la spiritualité au quotidien.

Loin des préjugés et des idées reçues, ces visites ont permis aux participants de poser des questions, d’échanger librement et de mieux comprendre ce qui rassemble au-delà des différences. Une démarche simple mais essentielle pour bâtir une culture de la paix fondée sur la connaissance réciproque.

Un olivier pour faire grandir l’espérance

L’un des moments les plus symboliques de cette journée fut sans doute la plantation d’un olivier dans le Jardin du Partage et des Savoirs, en présence des élus de la ville.

Depuis l’Antiquité, l’olivier est reconnu comme un symbole universel de paix, de sagesse et de réconciliation. En prenant racine sur cette terre de rencontres, il devient le témoin vivant d’un engagement collectif : celui de continuer à faire grandir le dialogue entre les cultures et les convictions.

Au-delà du geste, cet arbre rappelle que la paix se cultive avec patience, attention et persévérance, tout comme les liens qui unissent les femmes et les hommes d’une même cité.

Une cérémonie interconvictionnelle pour conclure la journée

La journée s’est achevée au temple Fo Guang Shan lors d’une cérémonie interconvictionnelle particulièrement émouvante. Représentants des différentes traditions, responsables associatifs, habitants et élus se sont retrouvés pour exprimer, chacun selon sa sensibilité, un même désir de fraternité et de paix.

Paroles inspirantes, temps de méditation et messages d’espérance se sont succédé dans un esprit d’écoute mutuelle, illustrant concrètement ce que peut être le dialogue lorsqu’il est vécu avec sincérité.

La rencontre s’est conclue autour du traditionnel pot de l’amitié, dernier moment de convivialité avant la séparation. Mais chacun est reparti avec la conviction que cette journée n’était pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire d’un chemin commencé depuis longtemps sur l’Esplanade des Religions et des Cultures.

Comme les 33 309 pas parcourus quelques jours auparavant, chaque échange, chaque rencontre et chaque action proposée contribue à tracer un chemin commun. Un chemin où la paix ne se décrète pas, mais se construit jour après jour, dans la rencontre de l’autre et la volonté partagée d’avancer ensemble.

Une étape, mais pas une fin

Si cette journée a permis de faire émerger quarante idées porteuses d’espoir et de fraternité, le travail est loin d’être terminé. Ces réflexions, nées de la rencontre entre des femmes et des hommes de convictions, de cultures et d’horizons différents, ne prendront tout leur sens que lorsqu’elles se transformeront en réalisations concrètes.

L’enjeu des prochains mois sera donc de faire vivre ces 40 idées pour 40 actions, en mobilisant les associations, les communautés, les habitants et les institutions autour de projets capables de renforcer durablement le dialogue, la solidarité et le respect mutuel sur notre territoire.

L’olivier planté dans le Jardin du Partage et des Savoirs nous le rappelle : la paix se construit dans le temps. Elle demande de l’attention, de l’engagement et une volonté constante de faire grandir ce qui nous unit. Les graines ont été semées ; il appartient désormais à chacun d’en prendre soin.

Cette journée n’est donc pas le point final d’une démarche engagée à l’occasion des 40 ans d’Assise, mais bien le début d’un nouveau chapitre. Les prochaines étapes permettront de transformer les paroles en actes et les intentions en projets au service du vivre-ensemble.

À suivre donc… car après les 33 309 pas pour la paix et les 40 idées partagées, voici venu le temps des 40 actions pour la paix.


CÉLÉBRATION INTERCONVICTIONNELLE

40 ans de la rencontre d’Assise (1986-2026)

« Ensemble, osons la paix ! »

Dimanche 25 octobre 2026 – Esplanade des religions, Bussy-Saint-Georges (77)

Déroulement – Durée : 45 minutes – Animateurs : Christine Taieb et Laurent Grzybowski

1. Chant d’ouverture

« Comment chanter des mots de paix »

Chant que nous aurons commencé à prendre lors de la plantation de l’olivier au Jardin des savoirs. A moins qu’on inverse et qu’on plante l’olivier en conclusion de la célébration ?

Christine Taieb rappelle ce qui s’est passé le 18 octobre et accueille Jean-Charles Herrenschmidt, président de l’ERC

2. Mot d’accueil et introduction

Introduction par Jean-Charles Herrenschmidt, président de l’ERC

Il y a quarante ans, le 27 octobre 1986, des responsables de différentes religions se retrouvaient à Assise, à l’invitation du pape Jean-Paul II, pour témoigner ensemble de leur aspiration à la paix.

Quarante ans plus tard, nous voici rassemblés, croyants, agnostiques, athées, femmes et hommes de toutes convictions. Nos chemins sont différents, nos traditions et nos histoires aussi. Mais nous partageons une même humanité, une même terre et une même responsabilité : faire grandir la paix.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas venus effacer nos différences, mais apprendre à en faire une richesse. Car la paix ne se décrète pas. Elle se construit, ensemble.

Cette célébration vient conclure une journée de réflexion et de partage autour de quarante propositions pour les quarante années à venir. Nous voulons faire mémoire de l’événement d’Assise, mais surtout prolonger son intuition et nous engager à construire un monde plus juste, plus fraternel et plus pacifique.

3. Intervention de la municipalité

Prise de parole de Régine Bories 1ère Adjointe au Maire chargée du Social, des Seniors et de la Petite enfance
accompagnée de Zavier Eloundou Adjoint au Maire chargé de la Culture, de la Francophonie et des Relations Internationales,
Mouttabi Vin Adjoint au Maire chargé de la Vie associative,
Hervé Gaugué Conseiller Municipal chargé du Numérique et de Smart City,
Huy Le Conseiller Municipal chargé du Vivre-ensemble et de l’ERC
et Sylvie Torrao Conseillère Municipale chargée de la Jeunesse et de l’E-sport.

Évocation de la vocation de l’Esplanade des religions, de la place du dialogue interreligieux et interconvictionnel dans la cité et de l’importance du vivre-ensemble. Rappeler que le dialogue interreligieux et interconvictionnel s’inscrit pleinement dans la laïcité.

Pause musicale

4. Lecture à plusieurs voix

Thème : « La paix commence par la rencontre »

Introduction – Christine Taieb

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les fondateurs de l’UNESCO ont inscrit dans leur Constitution cette conviction fondamentale : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. » Quarante ans après la rencontre historique d’Assise, cette affirmation garde toute sa force. Car la paix ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, dans le dialogue, l’écoute et la rencontre. Elle nous invite à regarder ensemble vers le passé, à habiter pleinement le présent et à préparer un avenir commun.

La mémoire – Première voix (le passé)

Nous voulons d’abord faire mémoire.

Mémoire de celles et ceux qui, avant nous, ont osé franchir les frontières des religions, des cultures et des convictions. De celles et ceux qui ont préféré la main tendue au poing fermé, le dialogue à l’affrontement, la confiance à la peur.

Nous nous souvenons de tous ces artisans de paix, connus ou anonymes, qui ont refusé de considérer l’autre comme un ennemi.

Leur courage nous rappelle que la fraternité a une histoire. Une histoire faite de rencontres, de gestes parfois modestes, mais capables de changer le cours des choses.

Faire mémoire, ce n’est pas seulement regarder en arrière. C’est recueillir un héritage pour mieux le transmettre.

La fraternité – Deuxième voix (le présent)

Aujourd’hui, c’est à notre tour de faire vivre cet héritage.

La fraternité commence lorsque nous reconnaissons en chaque être humain, quelles que soient son origine, sa culture, sa religion ou ses convictions, un frère ou une sœur en humanité.

Elle ne nous demande pas de penser tous la même chose, ni de croire tous de la même manière. Elle nous invite à faire de nos différences non pas des murs qui séparent, mais des ponts qui rapprochent.

La fraternité n’est pas seulement un idéal à proclamer. C’est une responsabilité à exercer, ici et maintenant. Car la paix commence toujours par un visage que l’on accueille, une parole que l’on écoute, une main que l’on tend.

L’espérance – Troisième voix (l’avenir)

Enfin, nous voulons choisir l’espérance.

Non pas une espérance naïve, qui fermerait les yeux sur les violences, les injustices et les divisions de notre monde. Mais une espérance lucide et courageuse, qui refuse de croire que la haine aura le dernier mot.

Aucune fatalité ne nous condamne à la discorde. Aucun avenir n’est écrit d’avance.

Nous croyons que chaque rencontre peut faire tomber un préjugé, que chaque dialogue peut ouvrir un chemin, que chaque geste de fraternité peut faire grandir la paix.

Hier, d’autres ont ouvert la voie. Aujourd’hui, nous poursuivons leur chemin. Demain, d’autres prendront le relais. Et c’est ainsi, de génération en génération, de rencontre en rencontre, que nous construirons ensemble un monde plus juste, plus humain et plus fraternel.

5. Chant : « La force de l’esprit »

6. Paroles des différentes traditions religieuses et philosophiques

Une même question est proposée à chaque intervenant : « Dans ma tradition ou ma conviction, qu’est-ce qui nous appelle aujourd’hui à construire la paix ? »

Pause musicale

7. « 40 idées pour les 40 ans qui viennent »

Retour sur les travaux du matin et la suite à donnée

8. Déclaration fraternelle commune

Christine : Voici la Déclaration fraternelle commune lue dimanche dernier à Paris sur le parvis des libertés et des droits de l’Homme pour ouvrir les célébrations du 40ème anniversaire de la rencontre d’Assise. Nous vous proposons de la relire ensemble croyants de différentes religions et traditions spirituelles, pour marquer notre engagement commun. Chaque lecteur/lectrice lit deux ou trois phrases à tour de rôle.

Geste symbolique

Christine : Un geste symbolique accompagne cette proclamation. Chaque participant va recevoir une enveloppe avec la déclaration lue au Trocadéro pour les 40 ans d’Assise. A chacun.e ensuite d’envoyer cette lettre-témoignage à quelqu’un de son entourage ou à telle ou telle personnalité religieuse, politique, médiatique.

Nous proclamons

  • Que nos religions et traditions respectives nous engagent ardemment à rechercher et à construire la paix en toutes circonstances et à toutes les échelles;
  • Qu’elles sont incompatibles avec toute attitude belliqueuse;
  • Qu’aucune agression violente ne peut être justifiée par nos religions et traditions spirituelles;
  • Que de ce fait celles-ci ont une responsabilité particulière dans la promotion et la construction de la paix; Que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais comporte la possibilité pour chacune et chacun de vivre dignement et en sécurité 
  • Que la marche vers la paix implique une conversion des cœurs à laquelle appellent, sous différentes formes, toutes nos traditions spirituelles;
  • Que nous, ministres des différents cultes, responsables de la société civile, ou simples citoyens, croyants ou non, avons un devoir spécifique de pédagogie de la paix et d’appel à la conversion des cœurs, en commençant par les nôtres
  • Qu’une coopération loyale de nos instances avec les responsables de la société civile est indispensable

Nous déplorons

  • l’expansion actuelle des guerres dans de nombreux pays, avec des moyens de plus en plus puissants, et leur cortège de morts, de destruction et de souffrance ;
  • la fragilité de la paix civile qui règne aujourd’hui dans certains pays;
  • des interprétations erronées de certaines doctrines qui ont conduit et conduisent encore en certains lieux à des violences meurtrières.

Nous déclarons nous engager, dans le cadre de nos différentes responsabilités envers nos communautés respectives,

  • à rappeler sans relâche tout ce qui, dans nos traditions, nos textes sacrés ou nos principes fondateurs, dans la vie et la parole des prophètes et des saints de nos traditions, ainsi que dans l’expression de nos valeurs républicaines nous enjoint de consacrer nos plus grands efforts à la recherche de la paix;
  • à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour promouvoir la paix sous toutes ses formes : dans les relations personnelles, dans la vie communautaire et civique, dans les relations internationales;
  • à nous tenir prêts à toutes médiations utiles pour mettre fin aux conflits et aux situations d’oppression ;
  • à demander aux communautés qui nous accordent leur confiance de déployer tous les moyens humains et matériels, techniques et financiers pour secourir les victimes de ces violences, sur place lorsque c’est possible, ou auprès des exilés chassés de chez eux par la violence.
  • à prier avec ferveur si nous sommes croyants, chacun selon sa tradition, pour que l’humanité, inspirée par plus grand qu’elle, construise la paix à laquelle elle est appelée.
  • et à ne pas oublier dans nos vœux et dans nos prières tous les êtres humains, croyants ou incroyants dans un esprit de dignité humaine et de fraternité.

9. Chant final :  « Salam à Shalom »

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